Certification MASE
Mis à jour le 25 août 2026.
La certification MASE atteste qu’une entreprise pilote sa sécurité, la santé de ses salariés et son impact environnemental selon un référentiel commun. Elle est délivrée pour un an ou trois ans par le comité de pilotage paritaire d’une association régionale, à l’issue d’un audit mené par un cabinet agréé. Comptez neuf à dix-huit mois entre le lancement de la démarche et l’audit.
MASE signifie Manuel d’Amélioration Sécurité des Entreprises. Beaucoup de donneurs d’ordre du secteur pétrochimique, du nucléaire et de la chimie l’exigent de leurs prestataires : sans elle, l’accès à certains sites classés est fermé.
Le référentiel V2024 est le seul auditable depuis cette date. Publié le 27 août 2024, il a coexisté avec la V2014 pendant l’année de transition 2025. Cette période est close.
Les certificats obtenus sous la V2014 restent valides jusqu’à leur échéance — mais tout audit passé aujourd’hui, initial ou de renouvellement, se fait sur la V2024. Si votre système a été construit sur l’ancienne version, l’écart porte moins sur les exigences elles-mêmes que sur ce qu’il faut prouver : la V2024 déplace l’attention du document vers le terrain.
Le référentiel compte 267 questions réparties en cinq axes, pour 5 000 points en audit initial. En renouvellement le total monte à 6 000, les questions dites « VD » comptant double pour récompenser la progression.
| Axe | Intitulé | Points | Part |
|---|---|---|---|
| 1 | Engagement de la direction | 900 | 18 % |
| 2 | Compétences et qualifications professionnelles | 800 | 16 % |
| 3 | Organisation du travail | 1 300 | 26 % |
| 4 | Efficacité du système de management | 1 100 | 22 % |
| 5 | Bilan et amélioration continue | 900 | 18 % |
Les axes 3 et 4 pèsent à eux seuls 48 % du total. Ce sont les deux qui s’évaluent sur le terrain et sur les preuves d’efficacité, pas sur la documentation. C’est le déplacement principal de la V2024, et c’est là que se jouent la plupart des écarts.
Trois modes de cotation coexistent : binaire (tout ou rien), variable (de zéro au maximum selon le niveau constaté), et variable doublée au renouvellement.
Un an ou trois ans, selon la maturité constatée.
Le « un an » ne peut pas être accordé plus de deux fois de suite. Une entreprise qui enchaîne deux certifications d’un an doit obtenir trois ans à la troisième, ou sortir du dispositif.
Dans les deux cas, le suivi des indicateurs est semestriel et obligatoire — taux de fréquence, taux de gravité, situations dangereuses, causeries, audits terrain. Ne pas les transmettre expose au retrait de la certification, sans attendre l’échéance.
Les montants ci-dessous sont des ordres de grandeur relevés auprès de cabinets d’accompagnement en 2026. Ils varient selon l’association régionale, la taille de l’entreprise et le niveau d’accompagnement choisi : demandez un chiffrage à votre association avant de bâtir un budget.
| Poste | Ordre de grandeur |
|---|---|
| Adhésion à l’association régionale | 400 à 500 € par an |
| Audit de certification | 1 200 à 1 800 € par jour, 1 à 3 jours pour une PME |
| Coût complet d’une première démarche, moins de 20 salariés | 5 000 à 8 000 € |
| Coût complet d’une première démarche, PME ou ETI | 12 000 à 20 000 € |
Deux points que les tableaux de coûts oublient. L’adhésion se renouvelle chaque année civile : sans cotisation à jour, l’adhésion est suspendue et la certification perd sa validité. Et le poste le plus lourd n’est aucun de ceux-là — c’est le temps interne consacré à faire fonctionner le système pendant les neuf à dix-huit mois de la démarche.
Ce sont rarement des oublis grossiers. Ce sont des angles morts, chez des entreprises qui travaillent sérieusement.
Les chapitres 1.1 à 1.3 demandent que l’engagement de la direction, la politique et les objectifs couvrent explicitement les trois volets : sécurité, santé, environnement. Pas deux sur trois.
L’écart classique : une politique qui documente précisément la sécurité — taux de fréquence, taux de gravité, causeries — et l’environnement — tri des déchets, consommation de carburant — sans jamais nommer la santé. Ni troubles musculo-squelettiques, ni risques psychosociaux, ni travail par forte chaleur, ni exposition aux produits chimiques.
Et l’effet est mécanique : les objectifs découlent de la politique, les indicateurs découlent des objectifs. Si la santé n’existe pas en haut, elle n’existe nulle part en bas — rien au tableau de bord, rien à présenter en revue de direction.
L’exigence va d’ailleurs plus loin que la présence des mots : la direction doit pouvoir porter et expliquer sa politique, volet santé compris, devant n’importe quel salarié.
L’axe 3 demande que les équipements utilisés soient conformes à la réglementation et en bon état. L’écart le plus fréquent tient en une phrase : le registre dit oui, le matériel dit non.
Quatre situations reviennent :
L’auditeur ne se contente pas du registre. Il va au matériel, demande le rapport de la dernière vérification et vérifie qu’il correspond. La question 3.3.16 exige d’ailleurs que ces documents soient disponibles sur le lieu même des travaux.
Si le sujet vous concerne, notre page sur les vérifications générales périodiques détaille les périodicités par famille d’équipement et les textes qui les fixent.
Le chapitre 4.1 impose que l’analyse fasse apparaître les causes directes et les causes fondamentales. Les questions 4.1.14 et 4.1.15 vérifient précisément ce point.
L’écart : l’analyse conclut « il ne portait pas ses équipements » et s’arrête là. Or l’absence d’un équipement de protection est une barrière défaillante, pas une cause fondamentale. Derrière, il y a presque toujours une décision d’organisation — un délai, un effectif, un espace de travail contraint.
C’est un point contre-intuitif quand on vend des équipements de protection : ils ne sont presque jamais la réponse à l’accident. Ce qu’un système de traçabilité apporte, c’est la preuve que la barrière était en place, conforme et contrôlée — ce qui permet justement à l’analyse d’aller chercher plus loin.
Soyons précis, parce que l’écart entre les deux est ce qui fait échouer les démarches.
Ce qu’un outil comme OpenSafe prend en charge — les questions qui portent sur les équipements et les personnes :
Ce qu’aucun logiciel ne fera à votre place : écrire la politique SSE et la faire porter par la direction, animer les causeries, mener les audits terrain, analyser les accidents jusqu’à leurs causes fondamentales. C’est-à-dire une grande partie des axes 1, 4 et 5.
Un outil vous fait gagner sur la preuve et sur le temps de préparation. Il ne construit pas la démarche.
Sources : référentiel MASE et association nationale, version 2024 révision 7.0 de septembre 2024.
La question du logiciel arrive vite dans une démarche MASE. Notre page ce qu’un outil couvre du référentiel chiffre la part du score qui repose sur des données d’équipements et de personnes — environ 550 points sur 5 000 — et dit aussi ce qu’aucun logiciel ne fera à votre place.
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