Marquage
Le marquage des équipements de protection individuelle est un élément clé de la traçabilité et de la conformité en sécurité au travail. Yann Dechaux, expert en sécurité anti-chute et responsable de CAFSAT, partage son expérience sur les meilleures pratiques pour marquer vos équipements. Avec plus de 25 ans d’expertise dans les travaux sur corde et l’évaluation de matériel de sécurité, ses conseils aident les entreprises à optimiser cette démarche essentielle. Cet article explore les techniques actuelles, l’intérêt des technologies émergentes comme la RFID et les codes QR, et les défis réglementaires à relever pour une traçabilité complète.
Yann Dechaux est responsable de CAFSAT depuis 7 ans, une société spécialisée dans la formation et l’accompagnement autour de la sécurité anti-chute. Son expertise couvre plusieurs domaines : la recherche et développement (notamment sur les points d’ancrage en matière plastique), les tests de produits pour fabricants, et les études techniques appliquées au matériel léger (cordes de faible diamètre).
CAFSAT accompagne les responsables d’équipe, les encadrants et les responsables QSE dans leur méthodologie face aux risques de chute. Cette approche consultative débouche souvent sur le développement de nouveaux modes opératoires et de nouveaux produits conformes aux obligations légales.
Yann Dechaux identifie trois principes fondamentaux pour bien marquer vos équipements :
Consulter la notice du fabricant. Les fabricants proposent généralement un endroit spécifique où effectuer le marquage. Cette indication est cruciale pour ne pas compromettre l’intégrité ou les certifications de l’équipement.
Adapter la technique au matériau. Les solvants des feutres ne sont pas toujours compatibles avec les textiles ou certaines matières utilisées dans les EPI. L’Expert recommande donc de se borner à la zone définie par le fabricant et d’éviter les marquages aléatoires.
Utiliser les techniques appropriées. Outre les marqueurs feutres simples, il existe des alternatives plus durables comme la micro-gravure et le marquage laser pour les éléments métalliques, devenues de plus en plus abordables.
Le code QR est un code-barre bidimensionnel qui contient bien plus d’informations qu’un code-barre classique. Son adoption nécessite l’intégration d’un système informatique associé et l’utilisation d’un lecteur (douchette). L’avantage notable : les smartphones modernes permettent de scanner directement les codes QR pour accéder au numéro de série et aux informations techniques de l’équipement.
Pour une approche structurée de la gestion des identifiants, consultez le guide complet sur comment bien définir les identifiants uniques de vos EPI.
La RFID utilise une puce avec capteur permettant de récupérer des données directement depuis l’équipement : numéro de série, lien vers la notice d’utilisation, et autres informations pertinentes. Yann Dechaux considère cette technologie comme l’avenir du marquage des EPI, bien qu’elle soit encore en phase de déploiement dans le secteur.
Découvrez aussi le marquage par code-barre et RFID : comment et pourquoi pour une compréhension approfondie de ces technologies.
Yann Dechaux souligne que la grande distribution développe actuellement des systèmes RFID sophistiqués pour simplifier les passages en caisse et améliorer la gestion des stocks. Aujourd’hui, on parle de portiques de scan permettant de balayer l’ensemble des équipements portés par un salarié en une seule lecture. Cet automatisation prévient les oublis et les erreurs humaines.
Le secteur de la sécurité au travail peut bénéficier de ces avancées une fois qu’elles seront maturisées et déployées largement. L’évolution réglementaire vers une traçabilité complète (de la fabrication à la mise au rebut) créera la pression nécessaire pour que les fabricants et distributeurs s’organisent autour de normes communes.
Contrairement à la grande distribution, le secteur des EPI ne dispose pas des moyens financiers pour développer independemment ces technologies complexes. Béal a certes proposé dès 2012 un système RFID intégré dans plusieurs produits, mais cette initiative isolée montre les limites d’une approche non coordonnée.
Yann Dechaux insiste sur un enjeu critique : si chaque fabricant développe son propre système de numérotation, les puces RFID utiliseront des encodages différents, créant des doublons et faussant les informations. L’uniformisation des numéros uniques d’identifiant est donc essentielle.
C’est pourquoi l’évolution des normes devient déterminante. Une fois harmonisée, la traçabilité des EPI rejoindra l’aspect logistique complet de la gestion des équipements en entreprise. Pour explorer le rôle du registre EPI dans cette gestion, consultez l’article sur le registre EPI : définition et exemples.
En l’absence de déploiement de masse de la RFID, Yann Dechaux recommande de progresser avec les techniques disponibles :
Ces approches, bien que plus manuelles, garantissent une traçabilité solide tant que les infrastructures RFID ne seront pas standardisées et accessibles.
Yann Dechaux conclut par une vision claire : le suivi efficace des EPI par marquage évoluera naturellement vers une intégration logistique complète. Imaginez un salarié franchissant l’accès à la caserne ou au chantier, le système scannant automatiquement tous les équipements en sa possession. Plus d’oublis, plus d’erreurs opérationnelles. L’erreur humaine se réduira à la programmation du système, non plus aux individus chargés du matériel.
Pour approfondir votre stratégie de marquage face aux défaillances potentielles, lisez que faire si le marquage de vos EPI disparaît.
Enfin, n’oubliez pas que le marquage efficace des EPI est important pour assurer la conformité, la traçabilité et l’efficacité opérationnelle. La fiche de vie EPI reste un complément indispensable au marquage pour documenter l’historique complet de vos équipements.
Marquage
Sécurité au Travail, Marquage
Sécurité au Travail, Marquage
Marquage