OpenSafe : Gestion des EPI et VGP
Que doit-on vérifier sur un EPI ?

Que doit-on vérifier sur un EPI ?

Les cinq points généraux à vérifier

L’article 2 de l’arrêté du 19 mars 1993 impose une vérification régulière des EPI. Voici les éléments généraux que vous devez contrôler sur chaque équipement :

  • État général de l’équipement : pas de déformation, fissure, usure ou dommage visible
  • État du stockage : l’EPI respecte-t-il les conditions de conservation indiquées par le fabricant ?
  • Bon fonctionnement : un bloqueur bloque-t-il correctement ? Un mousqueton se ferme-t-il bien ? Un crochet de sûreté reste-t-il verrouillé ?
  • Date de péremption : l’équipement n’a-t-il pas atteint sa limite d’utilisation fixée par le fabricant ?
  • Lisibilité du marquage : le numéro de série, l’identifiant unique ou le marquage CE restent-ils lisibles ?

Ces cinq éléments s’appliquent à tous les EPI, qu’il s’agisse de harnais d’arrimage, masques de protection, chaussures de sécurité ou casques de travail. Cependant, au-delà de ces généralités, chaque équipement présente des points de contrôle spécifiques liés à sa fonction.

Pour comprendre quels contrôles appliquer, consultez l’article détaillé sur ce qu’on doit contrôler sur les EPI.

Les notices d’utilisation : votre source de vérité

Chaque EPI est unique. Un harnais d’escalade Petzl n’a pas les mêmes points critiques qu’un harnais de descente Tractel. Un appareil respiratoire filtrant ne se contrôle pas comme des gants de protection.

C’est précisément pour cette raison que la réglementation impose aux fabricants d’inclure dans leurs notices d’utilisation les procédures de vérification précises adaptées à chaque équipement. La notice contient :

  • Les matiéraux de base et leurs états d’usure acceptables
  • Les points de rupture potentiels à inspecter minutieusement
  • Les conditions de stockage exigées (température, humidité, exposition UV)
  • La durée de vie garantie de l’équipement
  • Les procédures de maintenance ou de remplacement de composants critiques

Lors de l’achat d’un nouvel EPI, prenez le temps de consulter sa notice avant de mettre en place vos procédures de contrôle. C’est le document le plus fiable pour savoir exactement quoi vérifier et à quel rythme. OpenSafe vous permet d’accéder et d’analyser ces notices pour mettre en place les informations essentielles de chaque équipement de manière centralisée.

Page extraite d'une notice technique fabricant EPI

La formation des contrôleurs : un indispensable

Il ne suffit pas de savoir qu’il faut vérifier ; il faut savoir comment vérifier. La réglementation impose que tout contrôleur soit formé aux procédures de vérification des EPI spécifiques de votre entreprise.

Sans cette formation, même un document bien rédigé reste une formalité vide de sens. Vos contrôleurs doivent comprendre pourquoi un point importe, ce qu’il faut rechercher exactement, et comment décider si l’équipement est conforme ou non.

Trois approches s’offrent à vous :

  • Une formation interne organisée par votre responsable QHSE ou prévention
  • Une formation auprès d’une structure de formation reconnue (INRS, centre agréé)
  • Une formation directe auprès du fabricant (Petzl, Tractel, Salewa proposent ce service)

Beaucoup s’interrogent : la formation du fabricant est-elle obligatoire ? La réglementation exige une formation adéquate et adaptée, mais elle n’impose pas explicitement celle du fabricant. Pour les EPI critiques (harnais de travail en hauteur, équipements respiratoires, systèmes de sauvetage), une formation spécialisée devient rapidement une nécessité pratique et juridiquement prudente.

Découvrez qui doit contrôler les EPI pour clarifier les responsabilités dans votre structure.

Les deux types de contrôles

La réglementation distingue deux niveaux de contrôle à appliquer régulièrement sur vos EPI :

  • Contrôles visuels réguliers : avant chaque utilisation ou au quotidien/hebdomadairement selon le contexte. C’est un rapide coup d’œil : y a-t-il des dégâts visibles ? Le marquage reste-t-il lisible ? L’équipement semble-t-il intact ?
  • Vérifications approfondies : mensuelles, trimestrielles ou annuelles selon le type d’EPI et le risque. Vous inspectez l’équipement en détail, testez les mécanismes, vérifiez les usures cachées ou l’usure des matiériaux.

Pour adapter votre fréquence, consultez l’article complet sur les 2 types de contrôles à faire sur vos EPI. Un harnais d’escalade utilisé quotidiennement en montagne ne se contrôle pas au même rythme qu’un gilet de sauvetage entreposé en dépôt.

Documenter les résultats sans surcharge administrative

Savoir quoi vérifier, c’est bien. Documenter les résultats dans la fiche de vie de l’EPI, c’est mieux encore. C’est ce document qui prouve votre conformité réglementaire en cas d’audit ou de sinistre.

Un piège courant : créer des fiches de contrôle avec vingt cases à cocher pour chaque EPI. Si vous gérez 300 EPI à vérifier, vous devrez cocher 6000 cases. C’est une charge administrative considérable, source d’erreurs et d’abandon progressif du processus.

La solution pragmatique : enregistrez simplement le résultat final « Conforme » ou « Non conforme ». Ajoutez un commentaire descriptif si des anomalies mineures existent, mais n’attendez pas un remplissage exhaustif. Cette approche reste conforme et reste pilotable opérationnellement.

Pour compléter votre démarche, créez votre propre procédure de contrôle interne : un document ou un diaporama récapitulant les points spécifiques à vérifier pour chaque catégorie d’EPI. Certains fabricants vous facilitent ce travail. Petzl, par exemple, propose une procédure de vérification détaillée pour ses harnais de travail en hauteur, avec photos et descriptions claires.

Procédure illustrée de vérification d'un harnais de sécurité

Pour en savoir plus sur la documentation, consultez le guide complet sur les fiches de vie EPI.

Vérifications différenciées par catégories d’EPI

Au-delà des points généraux, chaque catégorie d’EPI présente des exigences spécifiques. La réglementation distingue trois catégories selon le risque :

  • Catégorie I (risques miniers) : crèmes solaires, gants légers, casquettes. Contrôles essentiels minimalistes.
  • Catégorie II (risques modérés) : masques poussier, gilets de visibilité, chaussures de sécurité standards. Contrôles réguliers et formations courtes suffisent.
  • Catégorie III (risques graves ou mortels) : harnais travail en hauteur, appareils respiratoires, masques filtrants chimiques. Contrôles rigoureux et formations spécialisées obligatoires.

Plus le risque associé à l’EPI augmente, plus le contrôle devient exigeant. Cela justifie une approche différenciée : ne vérifiez pas un casque de chantier avec la même minutie qu’un système de protection respiratoire ou un équipement de sauvetage.

Explorez les différentes catégories des EPI pour adapter votre programme de contrôle à votre situation.

Les points clés à retenir

La vérification des EPI repose sur quatre piliers :

  1. Maîttriser et appliquer les cinq points généraux (état, stockage, fonctionnement, péremption, marquage)
  2. Consulter systématiquement les notices du fabricant pour identifier les points spécifiques
  3. Former vos contrôleurs aux procédures exactes et à la détection des anomalies
  4. Documenter simplement et efficacement dans les fiches de vie (résultat final + commentaires si nécessaire)

Appliquer ces principes garantit une protection durable, une conformité réglementaire et une operationnalite maintenue. Vos EPI ne protègent vos équipes que s’ils sont vérifiés régulièrement et correctement.


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Questions fréquentes